L'industrie 4.0, moteur de l'emploi cadre à Lyon

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Filières & métiers
Publié le mardi 23 mai 2017
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Bien des villes industrielles ont connu une gloire aujourd’hui passée, mais ce n’est pas le cas de Lyon. La Ville des Lumières a su se transformer au fil des ans. Ainsi, elle reste économiquement solide et son industrie continue d’attirer de nouveaux talents. Le tout crée un écosystème vertueux avec un marché de l’emploi porteur pour les cadres et les ingénieurs. Par Quentin Velluet

C’est une ville qui n’a pas oublié qu’elle s’est construite en partie sur la finesse du travail de la soie. Mais désormais, l’automatisation des machines a remplacé le labeur manuel. La seconde agglomération industrielle de France a tout pour attirer les cadres et retenir les candidats déjà sur place. Car la géographie et l’histoire de Lyon en ont fait un hub industriel international qui emploie 75 524 personnes* et se réinvente à mesure que la technique progresse. Caoutchouc, plastique, chimie, pharmacie, énergie, environnement, numérique… Les filières industrielles lyonnaises sont nombreuses et continuent de se développer : 6 419 établissements industriels ont été créés dans le secteurs en 2016. Autant de structures qui créeront de l’emploi à moyen et long termes, pour les ingénieurs comme pour les autres.

Un parc industriel en pleine mutation

Le temps où l’usine était un espace bruyant et maculé de cambouis s’éloigne peu à peu. À Lyon comme ailleurs, l’usine est devenue 4.0, c’est-à-dire un environnement aseptisé où les machines sont connectées et les hommes chargés d’en observer le comportement afin de prévenir les pannes, optimiser la productivité et finalement réduire les coûts. Cette période de transformation a nécessité des investissements importants de la part des industriels, aux dépens des recrutements. « Après avoir négligé leurs besoins en main d’œuvre les industriels – notamment les structures de 30 à 200 personnes – s’attaquent depuis deux-trois ans au recrutement du personnel », explique Frédéric Pougeon, fondateur et dirigeant du cabinet Winsearch, spécialisé dans le marché de l’emploi industriel. Dans le même temps, cette négligence a conduit au vieillissement du personnel qui aujourd’hui découle sur des départs massifs en retraite. Combler ces départs et conduire le changement nécessite de la part des entreprises de se renforcer sur des compétences à la fois techniques et managériales.

Attirer les investissements étrangers

L’industrie n’est pas la seule locomotive de l’emploi lyonnais, loin de là. Outre la filière dédiée à la smart city, dont le quartier Confluence joue le rôle de test grandeur nature et celle des cleantech emmenée par la Vallée de la chimie et le Campus LyonTech-la Doua, un autre organisme participe à créer de l’emploi dans la ville aux deux collines : l’agence pour le développement économique de la région lyonnaise (Aderly). En 4 ans, elle a créé entre 1900 et 2000 emplois directs grâce à l’implantation d’entreprises à capitaux étrangers. En 2016, elle a accompagné 110 implantations qui devraient aboutir à la création de 2045 emplois en trois ans, soit 11 % de plus par rapport à 2015. Sa mission : accompagner les entreprises étrangères, toutes tailles et secteurs confondus, qui s’installent à Lyon. Et sa botte secrète, c’est une équipe qui travaille sur les recrutements nécessaires à ces nouveaux arrivants. «8 fois sur 10, les entreprises recherchent des ingénieurs spécialisés dans l’IT, la robotique ou la mécanique des fluides et des profils techniques et commerciaux aux frontières du consulting », explique Marie-Pierre Gottwald, l’une des deux consultantes dédiées aux RH au sein de l’Aderly. Quel que soit le métier, les profils ont tous deux caractéristiques communes : une expérience internationale et un profil entrepreneurial pour s’adapter à des marchés souvent tournés vers l’export avec des équipes réduites où les missions peuvent être élargies. L’équipe RH de l’Aderly fonctionne comme un cabinet de recrutement. Les candidats ne doivent donc pas hésiter à envoyer leur CV directement à l’organisme. Pour les cadres déjà en poste, le réseau Ambassadeurs Only Lyon a été développé pour favoriser le partage de bonnes pratiques et faire rayonner la ville en France et à l’étranger. Ambassadeurs Only Lyon compte à ce jour, 24000 membres. De quoi en faire un parfait outil de réseautage.

Un regain des embauches

Il y a donc des opportunités à saisir dans l’industrie lyonnaise, et ce, dans toutes les filières et à tous les niveaux. Surtout chez les ingénieurs et cadres intermédiaires : « Les entreprises recherchent des profils classiques comme des chefs de projet ou des chargés d’affaires réglementaires (surtout dans le médical) mais aussi des responsables méthodes, maintenance ou industrialisation », détaille Frédéric Pougeon. D’après lui, la filière mécanique et machines-outils est particulièrement dynamique. On recrute aussi dans celle des matériaux comme à Sainte-Julie, à 30 minutes de Lyon, où Plastic Omnium, un fournisseur de pièces et modules de carrosserie en plastique et composite, recherche une dizaine d’ingénieurs spécialisés en peinture, standardisation, supply chain ou qualité. Mais le recruteur de Winsearch reconnaît néanmoins qu’il a du mal à trouver des candidats : « Ces profils sont compliqués à trouver car ils doivent conjuguer exigences techniques et managériales ». Et ce type de poste, souvent pris en sandwich entre les doléances de l’équipe et les exigences de la hiérarchie, n’est pas souvent estimé à sa juste valeur. Les entreprises font-elles des efforts pour le valoriser et attirer les talents ? « On constate une légère revalorisation des salaires sur la part variable, mais pas plus que cela », constate le dirigeant de Winsearch. Il n’en reste pas moins que cette dynamique va au-delà des fonctions techniques en venant déborder sur les fonctions support. La branche route d’Eiffage recherche par exemple son DRH pour la zone Centre-Est. « Chez les cadres supé- rieurs, les fonctions dirigeantes et les experts, les emplois se trouvent principalement en contrôle de gestion, en finance ou dans les achats », explique Thierry Humbert, co-fondateur du cabinet de chasseur de têtes Urvika. Les grades inférieurs ne sont pas en reste. À titre d’exemple, le groupe SEB recherche plusieurs profils en finance, juridique ou gestion pour des postes de trésorier, contrôleur de gestion et juriste senior.

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