À Saint-Étienne, l'industrie de pointe crée des emplois cadres

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Publié le mercredi 24 mai 2017
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Investissements, innovations, créations d’emplois… Voici quelques-uns des mots qui reviennent quand on interroge les professionnels du recrutement stéphanois sur le marché du travail de la région. Découvrez-en plus sur les enjeux actuels de cette cité portée par une filière industrielle riche qui offre de nombreuses opportunités pour les cadres. Par Louise Fontana

La situation de l’emploi à Saint-Étienne ? Elle est bonne, même très bonne. « Nous sommes dans une phase positive, s’enthousiasme Michel Richard, dirigeant de Concerto RH, cabinet de recrutement né il y a 7 ans à Saint-Étienne et maintenant également présent à Lyon. C’est une croissance continue depuis 2016. » Et il n’est pas le seul à le penser. Joël Vassal, dirigeant d’Eriva RH, souligne la propension actuelle des entreprises stéphanoises à investir et innover : « C’est un cercle vertueux, analyse cet expert du marché local. Les entreprises sont optimistes, elles ont envie d’avancer, elles investissent, créent de l’emploi et se développent. »

Une spécialité dans l’industrie mécanique et les textiles techniques

Cette activité économique est principalement portée par la riche filière industrielle présente sur le territoire. « Saint-Étienne est une ville de tradition industrielle qui a su conserver une industrie de pointe, rappelle Dominique Dumas, chef du service emploi de la ville de Saint-Étienne. « On peut citer l’industrie mécanique de précision avec des entreprises comme PCI SCEMM, Federal Mogul, Zodiac Aerotechnics, ZF PWK Mécacentre », énumère-t-il. La mécanique est d’ailleurs au cœur du pôle de compétitivité ViaMéca et du cluster Mécaloire. « Il y a aussi une expertise sur l’industrie textile spécialisé avec des entreprises comme Sigvaris, Gibaud, Thuasne, Neyret », ajoute Dominique Dumas. Et aujourd’hui ce sont des entreprises qui ont besoin d’ingé- nieurs R&D et de profils commerciaux. « Les commerciaux avec une base technique sont les plus recherchés », assure Michel Richard. Pour Alexis Le Meur, fondateur du cabinet de conseil RH Adito Développement né en 1992 à Saint-Étienne : « les opportunités cadres les plus développées se trouvent en maintenance, dans les bureaux d’études et dans les fonctions commerciales grâce à ces belles PME de 50 à 150 personnes qui composent la ville. » Saint-Étienne n’a donc pas renié son passé industriel, mais a su le transformer sur un marché plus expert avec une reconnaissance parfois internationale. « Plus c’est technique, plus ça marche », résume Michel Richard.

Un tissu de nombreuses TPE, PME et ETI

L’une des spécificités du territoire stéphanois, c’est la richesse de son tissu d’entreprises. Ici, ce ne sont pas quelques fleurons qui écrasent le paysage économique, mais une multitude de structures d’1 à 600 personnes qui grandissent ensemble. « Saint-Étienne est ainsi vraiment très riche en termes de recrutements cadres compte tenu de sa taille », constate Alexis Le Meur. De son côté, Michel Richard signale toutes ces TPE de moins de 10 salariés qui recrutent et proposent des postes très intéressants, mais qui ont parfois du mal à attirer à cause d’un manque de notoriété.

Cette difficulté à embaucher, tous les professionnels du recrutement l’éprouvent. Rien d’étonnant avec une industrie qui se spécialise et des postes de plus en plus complexes. Ce qui fait dire à Alexis Le Meur que la formation est l’un des enjeux majeurs de la ville dans les années à venir. « Il faut trouver une nouvelle génération pour toutes ces entreprises. Il y a donc un travail de fond en cours avec la CCI et les lycées. Aussi, certaines structures assouplissent leurs critères de recrutement et s’intéressent à tous les jeunes titulaires d’un Master 1 qui montrent de la curiosité pour l’activité de l’entreprise », a pu observer le fondateur d’Adito Développement. Mais ces difficultés à embaucher ne font pas flamber les salaires. « Ce sont les jeunes diplômés qui font le plus monter les enchères, mais ça commence à devenir compliqué pour les grilles de salaires », reconnaît le dirigeant de Concerto RH.

L’ombre du géant lyonnais

Difficile de parler des difficultés de recrutement à Saint- Étienne sans évoquer sa relation avec la capitale des Gaules. « Nous sommes à la fois trop près et trop loin de Lyon », estime Michel Richard. Trop près, car l’attractivité de Lyon est énorme et les salaires meilleurs. Trop loin, « car si en théorie on relie Saint-Étienne à Lyon en une heure, dans les faits c’est beaucoup plus, que ce soit en voiture ou en train. Il y a un vrai déficit d’infrastructures », avoue Dominique Dumas. Mais la douceur de vivre stéphanoise et un coût de la vie bien moins élevé qu’à Lyon, Grenoble ou Clermont-Ferrand, permet quand même d’attirer certains cadres. « Il y a une vraie culture d’entreprise autour du bien-être à Saint-Étienne et des postes où les candidats peuvent vraiment s’éclater », affirme Joël Vassal. Les cadres peuvent d’ailleurs y faire toute leur carrière tant les postes sont riches et les opportunités fréquentes.

La vie des cadres au cœur de la Biennale du Design

Pour sa 10e édition, la Biennale Internationale du Design Saint-Étienne, qui a eu lieu du 9 mars au 9 avril 2017, avait pour thème Working Promesse, les mutations du travail. L’idée était d’offrir aux visiteurs un large panorama des mutations du travail, à travers un voyage en 10 étapes à la Cité du design. Une occasion parfaite pour fédérer le riche tissu d’entreprises stéphanois et pour le pôle Entreprises & Innovations de la Cité du Design de sensibiliser les chefs d’entreprise à l’innovation par le design ou au design management.

Panorama des mutations du travail - Institut Néoténie pour la fin du travail. Stéphane Degoutin et Gwenola Wagon

Cut & Care - A Chance to Cut is a Chance to Care. Tomoko-4&5, Vivero Oy, Design Anna Salonen & Yuki Abe

Le design pour changer l’image de la ville

Pour améliorer l’attractivité de la ville, les élus investissent beaucoup sur son image et on peut dire que c’est work in progress. Si Alexis Le Meur estime que Saint-Étienne a une image neutre auprès des candidats, Joël Vassal se veut plus positif et juge que plus les années passent, plus ça s’améliore. « L’expertise design reconnue du territoire est un élément de différenciation qui joue en notre faveur », conclut Michel Richard. Le meilleur reste donc à venir… 

La Cité du Design a été conçue sur l’ancien site d’une manufacture d’armes.

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