Agrotechnopôle : Inventer l'agriculture de demain

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Publié le mercredi 24 mai 2017
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Rassembler en une seule et même structure les compétences en matière d’agroécologie et de technologies innovantes pour l’agriculture : voilà le défi de l’AgroTechnoPôle. Une structure en devenir. Par Aurélia Lasorsa

Le défi est immense. Alors que les surfaces de terre agricole diminuent sans arrêt, à l’horizon 2050, l’agriculture devra nourrir près de neuf milliards de personnes dans le monde ! Soit une augmentation de sa production de 40 à 70 %. Comme de nombreux autres pays, la France, qui perd environ l’équivalent d’un département de terre agricole tous les dix ans, doit absolument et rapidement, envisager des changements dans sa politique et ses techniques de production. Afin de réussir ces mutations indispensables, les acteurs clés du secteur, qu’ils soient professionnels de l’agriculture, de l’innovation ou de la recherche, ont décidé d’unir leurs compétences et leurs savoir-faire autour du projet d’AgroTechnoPôle. Objectif affiché : faire de ce pôle régional le chef de file européen de l’agriculture de demain.

Parmi les fondateurs, on retrouve notamment Irstea (Institut national de recherche en sciences et technologies pour l’environnement et l’agriculture). « Depuis les années 70, notre institut travaille à la mise au point de nouvelles technologies agricoles, précise Emmanuel Hugo, directeur du centre Irstea de Clermont-Ferrand. Les thématiques développées se sont peu à peu adaptées aux besoins du secteur et nous avons même créé un pôle épandage environnement, destiné à travailler sur les technologies de fertilisation minérale ou organique. L’idée étant à la fois de travailler sur l’amélioration des machines et l’étude des produits utilisés. »

Sans équivalent à l’échelle européenne

Porté donc par la recherche et l’enseignement, l’AgroTechnoPôle se donne comme mission de créer un écosystème d’innovation pour les agroéquipements et l’agriculture numérique. « Nous disposons d’une filière innovante, mais qui a besoin d’être aidée, poursuit Emmanuel Hugo. Nous devons consolider notre activité de recherche tout en développant de nouveaux parcours étudiants, et en favorisant le croisement des connaissances. L’idée est de travailler avec des enseignants qui se retrouvent autour de projets comme l’agriculture de précision, par exemple, tout en intégrant des entreprises porteuses de solutions notamment dans les nouvelles technologies. Formations initiale et continue sont au cœur du projet. » Actuellement en phase de foisonnement, l’AgroTechnoPôle repose sur une centre européen pour la recherche, une plateforme d’innovation et un AgroTechnoCampus. Il reçoit l’adhésion complète de l’exécutif régional qui y voit un formidable outil de revitalisation destiné à créer de l’emploi et générer de l’activité économique. Aujourd’hui, le projet est porté par des acteurs reconnus à l’échelle internationale, tels que le pôle de compétitivité ViaMéca, le laboratoire d’excellence ImobS3, LIMOS (Laboratoire d’informatique, de modélisation et d’optimisation des systèmes), l’Institut Pascal, l’Université Blaise Pascal et VetAgroSup, et encouragé par les géants de l’industrie que sont Michelin et Limagrain. « Beaucoup d’initiatives de ce type sont menées actuellement, mais nous sommes une des rares a embarquer autant de compétences et d’atouts », conclut Emmanuel Hugo.

 

150 personnes (chercheurs, enseignants-chercheurs, ingénieurs, techniciens, etc.) engagées dans le projet d’AgroTechnoPôle

5 M€ montant total du projet

Une première pierre à court terme

Si les contributeurs ne se risquent pas à annoncer de chiffres, ils tablent pour la création d’une vingtaine de postes à 5 ou 10 ans pour gérer AgroTechnopôle. Néanmoins, les enjeux sont autres, puisque le but est de voir naître, ou d’arriver sur le territoire, des entreprises innovantes et des services de solutions techniques. L’idée serait d’installer ces nouveaux acteurs sur le site de défense aujourd’hui disponible de Varenne-surAllier. « Nous en sommes encore à la construction du projet, mais les différents contributeurs et coopérateurs sont d’ores et déjà identifiés. Un certain nombre d’éléments sont en place et des projets en cours, notamment ceux concernant les robots. Nous espérons une première pierre dans le courant de l’année. »

Interview

Emmanuel Ferrand
1er Adjoint au maire de St-Pourçain-sur-Sioule, Vice-président de la communauté de communes St-Pourçain Sioule Limagne, Conseiller Régional Auvergne-Rhône-Alpes

« L’agriculture est un composant économique très fort de la région capable de créer beaucoup de valeur ajoutée et d’emplois »

Quels sont les enjeux de l’AgroTechnoPôle pour la Région ?

E. F. L’enjeu se situe à deux niveaux : celui d’honorer le partenariat signé avec Irstea, le 22 avril 2016 autour de la restructuration de la base aérienne fermée en 2015 et de constituer un pôle de recherche autour des agroéquipements, le second est de créer avec Irstea, mais aussi avec des acteurs locaux de l’agroéquipement, un vrai pôle de recherche sur ce thème en liaison avec la recherche agricole régionale, c’est-à-dire le Laboratoire d’Innovation Territorial, les pôles de compétitivité, Isite 2025 et d’autres start-ups hébergées au sein du Bivouac, pour, au final développer les nouvelles technologies dans ce domaine au service des agriculteurs et des entreprises capables d’industrialiser les innovations.

Comment soutenez-vous le projet ?

E. F. Le soutien est aujourd’hui d’ordre administratif et collaboratif pour la mise en place. Par la suite, des crédits dédiés à la recherche seront fléchés sur les intentions au moyen d’appels à projets notamment.

Quelles sont les ambitions du Conseil régional pour les années à venir en matière d’agriculture ?

E. F. Les ambitions sont très fortes puisque notre mandature a doublé le budget agricole des deux régions fusionnées pour passer de 25 Me à 52 Me en 2017 par rapport à 2015, dont plus de 70% dédiés exclusivement à l’investissement. Emilie Bonnivard, la vice-présidente, donne l’impulsion nécessaire pour revisiter les politiques de filières, réorganiser et développer la filière bois, appuyer l’installation des jeunes agriculteurs, moderniser les exploitations, mettre en place un plan agriculture biologique ambitieux de 2,7 Me, développer l’irrigation et enfin réorganiser la R&D ce qui a commencé par les assises de la R&D, le 5 décembre dernier rassemblant plus de 200 acteurs de la recherche. Pour notre majorité, autour de Laurent Wauquiez, l’agriculture est un composant économique très fort de la région capable de créer beaucoup de valeur ajoutée et d’emplois. Il devra, au terme de notre mandat, être en pointe sur tous les secteurs pour se mesurer notamment aux grandes régions européennes.

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